Christian Mesnil, réalisateur et producteur


FILMOGRAPHIE

Christian Mesnil fait partie de cette première génération de cinéastes issus des écoles de cinéma belge. Après avoir fait du théâtre, il a pratiqué tous les genres cinématographiques : du court au long métrage, du documentaire à la fiction, du grand écran à la télévision, et cela à des titres divers : scénariste, adaptateur, dialoguiste, réalisateur, producteur. Sur son itinéraire, qui parcourt plus de trente films (dont cinq longs métrages), Christian Mesnil jette lui-même un regard :

D’un film à l’autre, je tente d’explorer cette palette de sentiments à propos de thèmes que me fournit ma vie quotidienne, sociale, politique, affective. Les questions qui m’y sont posées, que nous affrontons tous tant bien que mal, j’ai tenté de les aborder dans les films ou des livres qui, souvent, s’interrogent, parfois se répondent entre eux.

Mon premier film de fiction Vivent les Pénitences(1965), avait encore un pied dans l’adolescence, une bande gosses d’un quartier de banlieue confrontée à la marginalité. En duo, l’autre volet, Stéphane, enfant du juge (1974), film-témoignage saisi par le parquet… Le scandale n’est pas du côté que l’on voudrait croire.

Un autre compte à régler avec l’enfance, la famille, les conventions, l’autre face de la révolte : L’Amoureuse (1972), prise au piège d’un monde clos et périmé, débouchant sur la folie, mon premier long métrage d’auteur, ambitieux, feutré et sulfureux. A l’angoisse de l’amour répond l’angoisse de la mort dans un court métrage inspiré de Jean Ray Les Gardiens (1967), un univers clos et fantasmatique de trois hommes hors du monde et hors du temps. Et c’est encore l’angoisse de la mort et de la folie, la marginalité impossible de Jeanne ou la Révolte(1974) d’après un récit de sorcellerie de Françoise Mallet-Joris.

Et puis du côté du rire et de la fête, la fête des autres, comme celle, vitale, de Mascarade Roumaine puis la fête qui devient sourire et ironie, Le Bal des Débutantes ainsi que Les Majorettes, deux films qui se questionnent et se répondent dans un troisième : 50 ans d’Eternel Féminin, premier essai avant mon troisième long métrage : La Question Royale (1976), question qui était difficile à poser à cette étape, tabou qu’il fallait avoir le courage d’aborder, un classique du film-document.

Ensuite, un volet écologique, une question sociale et politique posée sur plusieurs tons : Bruxelles, une ville à sauver (1974), un cri d’alarme qui résonne sur le béton ; Des villes pour y vivre (1976), sur le sauvetage des centres ouvriers des villes de Wallonie ; Anglomania (1977), pamphlet contre les adeptes du franglais ; Pour une autre ville (1979) et d’autres films sur l’architecture dont Rénover sans détruire (1982), Des usines pour y vivre (1988) etc…

Puis le retour au film-document avec un quatrième long métrage, Du Zaïre au Congo (1981, en collaboration), évocation passionnée, peut-être pathétique de ce tournant de l’histoire récente, le passage du colonialisme au néo-colonialisme, un documentaire de référence.

Une autre passion, celle de la chanson française, avec la réalisation de Brel, un cri (1986) qui remporte le 7 d’or de la télévision française (domaine des Variétés) et qui fut le prélude à la série La Saga de la chanson française (1987-1992) où j’ai pu en toute liberté dresser les portraits de chanteurs que j’aime, de Charles Trenet à Serge Gainsbourg, en passant par Edith Piaf, Claude Nougaro, Yves Montand, Juliette Gréco et Georges Brassens.

Depuis 1994, j’ai inauguré une nouvelle collection consacrée au patrimoine culturel en collaboration avec la Région wallonne, La Lorraine et le Grand-Duché de Luxembourg : Histoires de Jardin (1994), Patrimoine Industriel (1995) Patrimoine Civil Public (1996), etc…

Encore un autre volet, le film sur l’art, avec d’une part, une introspection documentaire l’Art Nouveau aujourd’hui à Bruxelles et d’autre part, une approche de fiction avec Horta maquette prélude à un long métrage consacré à la vie du grand architecte. Le film de télévision L’Art Nouveau aujourd’hui en Europe a connu une diffusion internationale tandis qu’un Cd-Rom « A la découverte de l’Art nouveau à Bruxelles » dont la réalisation a été soutenue par la COCOF et en version anglaise par la Communauté française a rencontré un vif succès et est considéré comme une œuvre de référence.

Notons enfin la parution de trois livres édités par les éditions Collet : La Question Royale (1976), Horta, sa vie, son oeuvre (1988) et l’Art Nouveau aujourd’hui à Bruxelles (1992). J’ai publié récemment un ouvrage biographique « Victor Horta l’inventeur » (2002), paru à la Renaissance du livre, alors que je réalisais « Des femmes en marche » en coproduction avec la RTBF (télévision belge) avec laquelle je réalise « Les chemins de Barbara », un documentaire consacré à la jeunesse peu connue de la chanteuse.

Le dernier opus est consacré à "L'Art Nouveau à Bruxelles" réalisé en DVD et dont la sortie est prévue le 18 octobre.